Wednesday, March 15, 2006

7ème des Souliers...

- les mauvais esprits, faire descendre sur les hommes la protection des dieux et monter auprès d’eux nos âmes tourmentées.
- Et tu n’as pas été heureux faiseur d’ailes ? De tous les métiers qui enchaînent tu as eu l’un des plus sacrés. »

Le vieil homme décida alors de devancer la prochaine question :

« -J’ai appris depuis peu quel était l’autre métier sacré. »

L’aigle récita quand même son oracle :

« - Le cordonnier libère le corps du petit d’homme trop fragile pour le monde qui l’entoure. La sandale qu’il façonne protège l’âme concrète et se confond même avec l’individu qu’elle accompagne, c’est pourquoi les tiens refusent les chausses aux esclaves, mais ça, tu le sais déjà. Tu sais également aujourd’hui comment faire les souliers qui libèreront ton enfant. Je suis au courant de la visite de mon frère des profondeurs.
- Regarde-moi vieil homme, comme toi, et comme notre ami, je suis solitaire. Tu es l’aboutissement, il est le commencement, je suis le symbole de vos aspirations humaines. Mon sang est chaud, je n’ai ni jambes ni bras, pourtant nous sommes frères. Le serpent est la partie cachée de ton esprit, tu es la raison et le faire, je suis le rêve et l’espérance. Pourtant aussi haut que je vole, jamais je ne pourrai découvrir l’autre monde, à mon dernier souffle, mon corps retombera sur la terre et pourrira à sa surface. Tu parcours le monde de mon ami serpent avec tes souliers, tu effleures le mien de l’aile de ton éventail, mais tu es le seul à pouvoir nous emporter à la découverte des étoiles. Je voudrais moi aussi ma part de lumière. C’est pourquoi je viens te voir cette nuit. Mon ami de l’ombre a été bien présomptueux. Son souhait d’exhausser ton vœu était sincère, mais sans moi, son pouvoir est incomplet. Nous sommes tout trois issus de la même matrice. Séparément nous sommes mortel, ensemble plus rien ne pourra interrompre notre évolution. Je vais t’aider à exhausser ton vœu le plus cher et tu m’aideras à exhausser le mien. »

L’aigle prononça une fois encore les mêmes paroles que le serpent :

«- Dans sept nuits je reviendrai te voir, il faudra alors que tu me tues. Ne t’inquiète pas, je ne me défendrai pas, mon heure sera venue. Je suis le premier de ma race, mes enfants sont nombreux et il est temps que je rende l’espoir et le rêve aux hommes.
Je sais que tu dois faire de la peau de mon ami un éventail qui servira à la cérémonie de ton départ. Tu ajouteras les sept plus belles plumes de mes ailes à ton ouvrage
Quand ton éventail sera brûlé ton âme, celle de mon ami et la mienne seront unies à jamais et je pourrai enfin parcourir les étoiles en ta compagnie.
-Et pour l’enfant, » pensa encore le faiseur d’ailes.
-« J’allais y venir » dit l’aigle blanc qui se redressait, déjà prêt à prendre son envol.
« -Quand tu auras cousu dans la peau du serpent les plus belles sandales que tu as jamais vues, tu ajouteras à l’intérieur le duvet de mon cou pour les rendre plus douces qu’une caresse et tu placeras à chaque talon l’extrémité de mes ailes : ainsi ton enfant chérie pourra parcourir le monde et voler d’un bond dans tous les pays du monde.
-Mais que deviendra-t-elle, seule, » pensa encore le faiseur d’ailes.

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